Notes Certification participative

Gabrielle Bussard nous a présenté le Système Participatif de Garantie (SPG ou certification participative) le 16 janvier 2018 à la Maison Verte à Romont.

Définition

Les Systèmes Participatifs de Garantie (SPG) sont des systèmes d’assurance qualité ciblés localement. Ils certifient les producteurs basés sur la participation active des parties prenantes et reposent sur une base de confiance, de réseaux et d'échange de connaissances.

Buts des SPG

Promouvoir plutôt que réglementer le marché de l’agriculture biologique, favoriser et soutenir une agriculture paysanne et non industrielle.

  1. Promouvoir une agriculture biologique locale portée et soutenue par les citoyens et axée sur les agriculteurs et leurs besoin spécifiques. Trouver ou soutenir des intermédiaires soucieux de revendre des aliments produits et revendus de manière consciente et équitable. La certification participative est en quelque sorte un label citoyen.
  2. Rendre la nourriture biologique et naturelle accessible à tous, la certification participative étant beaucoup plus accessible financièrement pour l’agriculteur. Personne n’encaisse d’argent au passage, personne n’a de droits sur cette certification. L’agriculteur aura peut-être quelques coûts liée à des modification à la ferme mais le but est de trouver des solutions pour que tout puisse être utilisé ou transformé afin de limiter les coûts. L’entraide et la transmission des savoir-faire anciens sont un point clé.

Caractéristiques

  • Vision commune entre toutes les parties prenantes
  • Participation active des acteurs
  • Transparence
  • Apprentissage
  • Horizontalité
  • Confiance

Démarche

  1. Un groupe de personnes souhaite mettre sur pied un réseau producteurs-consommateurs- intermédiaires (y compris les artisans transformateurs).
  2. Le groupe élit un comité ou décide d’écrire la charte tous ensemble.
  3. La charte doit être fondée sur la base des 6 points caractéristique des SPG.
  4. On prévoit un moyen d’écoulement des produits des paysans du groupe: marché-paysan, un coin du marché conventionnel, magasin à la ferme (tous peuvent vendre les produits de tous), démarchage de magasins bio ou souhaitant favoriser les circuits courts.
  5. Quand la charte est définie et adoptée par l’ensemble du groupe, que le canal de distribution est défini, il est temps de « recruter » des paysans souhaitant faire partie d’un réseau favorisant l’agroécologie et l’agriculture paysanne de proximité. Ils peuvent écouler leurs produits au sein du réseau mais aussi continuer leurs activités courantes.
  6. Le paysan doit adhérer à la charte mais il est tout à fait possible d’avoir un délai pour la mise en place de certains changements. La charte ne doit jamais être un frein mais plutôt une source d’encouragements et le groupe doit pouvoir être une ressource et se mobiliser lorsque l’un des paysans a besoin d’aide pour la mise en place de la charte sur son domaine.
  7. Un organe de contrôle indépendant du comité doit être élu afin de vérifier sur place, en dehors des visites ouvertes à tous, le fonctionnement des fermes et le respect de la charte. Des clauses d’exclusion doivent bien entendue être rédigées mais l’application du cahier des charges ne doit jamais être un frein pour le producteur. Le but étant plutôt un partage de connaissances et une transparence qui permette à chacun de dire s'il ne peut pas appliquer quelque chose chez lui et de chercher tous ensemble une solution.
  8. Sur une grand territoire, la certification et le contrôle se fait par des petits groupes locaux. Ils s’autogèrent tout en respectant la charte commune à tous les producteurs, éventuellement en l'adaptant à la réalité locale.

Conclusions

  • L’éloignement producteur-consommateur fait les choux gras des grands distributeurs. Rapprocher les consommateurs, les producteurs, les artisans et les intermédiaires est le premier but d’un SPG.
  • Les SPG permettent de valoriser de petites structures et d’encourager l’agriculture paysanne de proximité. L’idée de départ est de rester en lien avec les exigences de la terre, du sol et des paysans eux-mêmes au lieu d’imposer un rythme industriel à la nature.
  • C’est un outil qui permet de certifier, comme un label, mais qui est à 100% citoyen - personne n’impose une norme, personne n’encaisse d’argent.
  • Construire un SPG est simple et modulable à l’infini, on peut l'appliquer dans d’autres domaines (restauration, vannerie, textile, énergies renouvelables, etc). Il est toujours possible d’éditer et d’appliquer des chartes, de réunir et de mettre en valeur les personnes qui travaillent avec éthique et justice.
  • Le changement ne tombera pas du ciel, c’est à nous de construire le monde que nous voulons.

Un grand merci à Gabrielle pour cette découverte et pour ces notes!

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