
Limiter les marges intermédiaires via la mise en réseau
Dans le but de créer un lien direct consommateur-producteur, Mim et André Meilland lancent le concept « AlimentSuisse ».
A la Maison Verte à Romont, ce lundi 4 décembre dernier, se tenait une présentation du projet. «AlimentSuisse est une mise en réseau respectueuse de producteurs et consommateurs. Elle se veut très souple, se modélise à la demande et évite au maximum l'intervention d'intermédiaires. » expliquait Mim Meilland, économiste d'entreprise formée à la permaculture et à différentes approches de fonctionnement en réseau. Passionnée d'informatique, elle a créé avec l'aide de son mari, André, ingénieur électricien impliqué notamment dans le lancement de l'initiative d'Agriculture contractuelle de proximité CroQu'terre à Romont, un site internet embryonnaire. Celui-ci propose d'héberger les offres et demandes des intéressés en offrant la possibilité au producteur de concevoir son site personnel, de communiquer sur sa production et d'échanger avec le consommateur au moyen de forums ouverts, de rencontres et de création d'événements.
Sensibilisés depuis longtemps aux problématiques économiques, écologiques et sociales sous-jacentes à l'alimentaire et stimulés par l'arrivée récente de concepts clés en mains, Mim et André Meilland ne souhaitent pas piloter eux-mêmes leur projet et espèrent motiver des initiants prêts à s'investir. Ils mettent cependant leurs compétences de gestionnaires à disposition, et proposent de se rémunérer avec une contribution libre des participants. « AlimentSuisse ne prélève pas de commission sur les ventes. Le paiement se fait directement du client au producteur. » précise Mim Meilland. Notons qu'un producteur ne souhaitant pas s'investir dans la gestion administrative pourrait demander du soutien payant. « On ne parle pas ici de bénévolat mais bien d'un projet économique. Nous souhaitons qu'il s'incrive dans la dynamique «gagnant-gagant » et qu'il soit au service de nos valeurs » explique-t-elle encore.
Ateliers thématiques
Le projet donne bien sûr lieu à toute une émulation. Des ateliers thématiques ont déjà été et seront régulièrement mis sur pied pour donner à chacun la possibilité de participer à l'évolution du projet. Des attentes de consommateurs sur la transparence de la production agricole ont notamment déjà été évoquées lors des premières rencontres organisées par le couple. La prochaine soirée aura lieu le 25 janvier prochain sur le thème des intermédiaires. Nécessaires à une telle entreprise, ne serait-ce que, par exemple, pour rassembler en un seul lieu les différents produits, il faut réfléchir comment les intégrer sans prétériter ni les consommateurs, ni les producteurs.
Pas besoin de « faire joli »
« Le producteur assume déjà un grand travail. Le but n'est donc pas de le surcharger. Un tel système évite les frais et le temps consacrés à l'entretien d'un local et la nécessité d'embellir pour vendre. » relate encore Mim Meilland. « En outre, gérer un site de commandes est très complexe. Pensons simplement aux annulations, aux gestions de stock etc. ». Jessica Rauber, productrice et co-intermédiaire au sein de « La Ruche qui dit oui », autre réseau de vente en circuit court actif dans la région fribourgeoise, trouve l'idée intéressante, surtout si elle rassemble l'offre existante. « Dans notre cadre, des agriculteurs ont diversifié leur production pour répondre à la demande. C'est positif. »
La première rencontre des potentiels membres du réseau est prévue le samedi 20 janvier 2018 de 10 à 16 heures à la Maison Verte à Romont. Celle-ci se déroulera sous forme de marché au cours duquel les producteurs pourront se présenter concrètement. Les inscriptions se font via le site (voire ci-dessous) par lequel ils sont invités à fournir les informations utiles (labels, produits etc.).
Martine Romanens